L’année file à toute vitesse. Nous sommes déjà en juin. Les marchés ont connu des mouvements importants depuis janvier. Par conséquent, votre portefeuille a probablement dévié de sa cible initiale. C’est exactement pour cette raison qu’un bilan mi-année s’impose.
Rééquilibrer son portefeuille consiste à ramener la répartition d’actifs à son niveau cible. En effet, certains actifs ont surperformé. D’autres ont sous-performé. Sans intervention, votre portefeuille devient plus risqué que prévu. Ou au contraire, trop conservateur. Voici comment procéder efficacement.
Pourquoi votre portefeuille a besoin d’un bilan mi-année
D’abord, regardons l’état des marchés. Le taux directeur de la Banque du Canada se maintient autour de 2,50 % depuis le printemps . Cette stabilité relative a profité à certaines classes d’actifs. En effet, les obligations ont offert des rendements prévisibles. Parallèlement, les actions canadiennes ont bien performé grâce au secteur des ressources naturelles.
Cependant, cette performance inégale a créé un déséquilibre. Par exemple, vos actions valent probablement plus que votre allocation cible. Ainsi, votre bilan mi-année révélera un portefeuille plus risqué que ce que vous aviez prévu. C’est le moment de corriger cela.
D’ailleurs, un bilan mi-année n’est pas qu’un exercice mathématique. C’est aussi l’occasion de revoir vos objectifs. Un mariage, une retraite qui approche, un changement de carrière ? Vos besoins ont peut-être changé depuis janvier. Votre portefeuille doit refléter ces évolutions.
Étape 1 : Mesurez l’écart entre votre allocation actuelle et votre cible
Avant tout, sortez vos relevés de placement. Comparez votre répartition actuelle à votre allocation cible. Par exemple, votre cible est 60 % d’actions et 40 % d’obligations. Votre mi-année montre 68 % d’actions et 32 % d’obligations ? Vous avez alors un écart de 8 points de pourcentage à corriger.
Pour les portefeuilles plus complexes, vérifiez aussi la répartition géographique. Les actions américaines ont-elles surpondéré votre portefeuille ? Les marchés émergents sont-ils sous-représentés ? De plus, examinez la répartition par secteur. Les technologies dominent-elles trop votre exposition ?
Ensuite, tenez compte de vos cotisations récentes. Avez-vous maximisé votre CELI en début d’année ? Avez-vous cotisé à votre REER ? Ces nouveaux fonds doivent être intégrés dans votre bilan mi-année. Ils constituent une occasion parfaite pour rééquilibrer sans frais.
Étape 2 : Choisissez la bonne méthode de rééquilibrage
Il existe principalement deux méthodes pour rééquilibrer. La première consiste à vendre les actifs qui ont surperformé. Puis, vous achetez ceux qui sont sous-pondérés. Cette approche est simple et rapide. Toutefois, elle peut entraîner des frais de transaction et des impacts fiscaux.
La deuxième méthode consiste à utiliser les nouveaux flux de trésorerie. Par exemple, vous dirigez vos prochaines cotisations vers les actifs sous-pondérés. Ainsi, vous évitez de vendre et de déclencher un gain en capital. Cette stratégie est particulièrement efficace dans vos comptes non enregistrés .
Lors de votre bilan mi-année, privilégiez les comptes enregistrés pour les transactions. En effet, le rééquilibrage dans un REER ou un CELI ne déclenche aucun impôt. Par contre, vendre dans un compte non enregistré crée un gain ou une perte en capital .
Étape 3 : Tenez compte des impacts fiscaux
Parlons fiscalité. Votre bilan mi-année doit absolument considérer l’impôt. En effet, vendre un actif gagnant dans un compte non enregistré génère un gain en capital. Pour 2026, le taux d’inclusion des gains en capital est revenu à 50 % après les débats des années précédentes . Cela signifie que seulement la moitié de votre gain est imposable.
Toutefois, personne n’aime payer de l’impôt plus tôt que nécessaire. Alors, commencez par utiliser vos pertes en capital. Si certains placements sont en baisse, vendez-les. Vous pourrez utiliser ces pertes pour compenser vos gains. Cette stratégie s’appelle la récolte de pertes fiscales. Elle est parfaite lors d’un bilan mi-année.
De plus, pensez aux distributions de fin d’année. Certains fonds communs et FNB versent des distributions imposables en décembre. Si vous achetez juste avant, vous recevrez une distribution pour laquelle vous paierez de l’impôt. Pourtant, vous n’aurez pas profité de la performance de l’année. Vérifiez donc le calendrier de distributions avant d’investir.
Étape 4 : Restez attentif aux tendances de l’été
L’été est souvent une période plus calme sur les marchés. Les volumes de transactions diminuent. La volatilité peut cependant s’inviter de façon imprévue. Votre bilan doit intégrer cette réalité.
Cette année, certains facteurs méritent une attention particulière. D’abord, les prix de l’énergie restent un moteur clé pour l’économie canadienne. Le secteur pétrolier et gazier traverse une phase de transition. Ensuite, l’intelligence artificielle continue de stimuler le secteur technologique. Êtes-vous trop exposé à cette thématique ?
Enfin, la saison des ouragans pourrait affecter les prix de l’énergie et des assurances. Votre bilan est l’occasion de vérifier votre exposition à ces risques. Diversifier géographiquement et sectoriellement reste la meilleure protection.
Les erreurs à éviter lors de votre bilan mi-année
Premièrement, ne rééquilibrez pas trop souvent. Un bilan mi-année est une revue semestrielle. Elle est suffisante pour la plupart des investisseurs. Rééquilibrer tous les mois génère des frais inutiles.
Deuxièmement, ne laissez pas vos émotions guider vos décisions. Un marché qui monte donne envie d’acheter plus. Un marché qui baisse donne envie de vendre. Le rééquilibrage force à faire le contraire. Il vous oblige à vendre ce qui a monté pour acheter ce qui a baissé. Cette discipline est la clé du succès à long terme.
Troisièmement, n’oubliez pas votre fonds d’urgence. Si vous utilisez vos liquidités pour rééquilibrer, assurez-vous de conserver trois à six mois de dépenses de côté. Un bilan mi-année sert à optimiser, pas à fragiliser votre sécurité financière.
Conclusion : une heure de travail pour une année de tranquillité
Un bilan mi-année prend environ une heure. C’est un petit investissement de temps. Pourtant, il peut faire une grande différence sur votre rendement à long terme. En effet, le rééquilibrage vous permet d’acheter bas et de vendre haut. Il contrôle aussi le risque de votre portefeuille.
Alors, prenez vos relevés et votre calculatrice. Comparez votre allocation actuelle à votre cible. Corrigez les écarts. Surtout, profitez de l’été pour laisser votre portefeuille bien aligné travailler pour vous. Votre bilan est fait ? Vous pouvez maintenant profiter du beau temps l’esprit tranquille.
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Banque du Canada – Taux directeur et calendrier des annonces
Cette page officielle présente le taux directeur en vigueur. Elle permet de comprendre le contexte de taux actuel. Un élément essentiel pour votre bilan et vos décisions de rééquilibrage. -
Agence du revenu du Canada – Gains et pertes en capital
Ce guide explique le traitement fiscal des gains et pertes en capital. Il est indispensable pour planifier un rééquilibrage fiscalement efficace lors de votre bilan. -
Gouvernement du Canada – Compte d’épargne libre d’impôt (CELI)
Cette page détaille les règles du CELI. Elle précise les plafonds de cotisation et les types de placements admissibles. Utile pour rééquilibrer sans impact fiscal.
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