Le marché immobilier canadien vit une année charnière. En effet, les taux d’intérêt se sont stabilisés autour de 2,50 % depuis le printemps, comme le confirme la Banque du Canada sur sa page officielle des taux directeurs . Cependant, les prix restent élevés dans plusieurs régions. Selon les données de l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), le prix moyen national dépasse encore largement les niveaux prépandémie . Cette situation place les acheteurs devant un dilemme. Faut-il acheter maintenant ou attendre la rentrée ?
Cette question tourmente autant les premiers acheteurs que les investisseurs. Chaque option présente des avantages et des risques distincts. Voici une analyse détaillée pour vous aider à trancher entre acheter maintenant ou attendre la rentrée.
Le contexte des taux en juin
D’abord, examinons la situation actuelle des taux. Le taux directeur de la Banque du Canada est à 2,50 %. Cette stabilité est une bonne nouvelle. En effet, après les fortes hausses de 2022 et 2023, puis les baisses de 2024 et 2025, le marché respire enfin. Le calendrier officiel des annonces de taux confirme une prochaine décision en septembre .
Par conséquent, les taux hypothécaires fixes sur cinq ans oscillent autour de 4,04 %. Les taux variables se situent légèrement en dessous, autour de 4,20 % selon les institutions. Pour comparer les offres en temps réel, des plateformes comme Ratehub.ca affichent les taux actualisés quotidiennement . De même, le site Nesto propose un comparateur de taux hypothécaires en ligne pour magasiner efficacement . Ces taux sont nettement plus bas qu’en 2023. À cette époque, les emprunteurs devaient composer avec des taux dépassant les 6 %.
Toutefois, la question demeure. Ces taux vont-ils encore baisser d’ici septembre ? Ou est-il plus sage pour profiter d’une éventuelle nouvelle baisse ? Les experts sont partagés.
Les arguments pour acheter maintenant
Premièrement, la concurrence est moins féroce en été. Plusieurs acheteurs potentiels reportent leurs recherches à la rentrée. Ils préfèrent profiter des vacances plutôt que de courir les visites. Ainsi, le marché de juin à août offre moins de surenchères. Vous pourriez négocier plus sereinement.
Deuxièmement, les taux actuels sont déjà attractifs. Si vous décidez d’acheter maintenant ou attendre la rentrée, sachez ceci : rien ne garantit une baisse en septembre. La Banque du Canada a signalé une pause dans ses ajustements. Attendre, c’est donc spéculer sur une baisse incertaine.
Troisièmement, le test de résistance reste en vigueur. Il se calcule au taux contractuel majoré de 2 %. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) explique en détail le fonctionnement de ce test sur sa page consacrée aux critères de qualification hypothécaire . Avec un taux actuel de 4,04 %, vous devez vous qualifier à 6,04 %. Si les taux baissent, le test devient plus facile. Mais si les prix montent à la rentrée, votre capacité d’achat pourrait diminuer. Bref, décider d’acheter maintenant ou attendre la rentrée revient à comparer deux inconnues.
Les arguments pour attendre la rentrée
D’un autre côté, attendre septembre présente aussi des atouts. D’abord, l’inventaire de propriétés augmente traditionnellement après la fête du Travail. Les familles reviennent de vacances. Plusieurs vendeurs listent leur maison pour le marché d’automne. Cette offre plus abondante peut diluer la concurrence entre acheteurs.
Ensuite, la Banque du Canada tiendra sa réunion de septembre. Si les données économiques faiblissent, une baisse du taux directeur est possible. Une réduction de 0,25 % ferait baisser les taux variables. Cela se traduirait par des paiements mensuels réduits. Pour un prêt de 500 000 ,unebaissede0,25 d’économies par mois.
Enfin, le marché se refroidit peut-être. Plusieurs analystes prévoient une correction modeste des prix dans certaines régions. Selon les statistiques mensuelles de l’ACI, les ventes résidentielles ont ralenti au printemps 2026 . Attendre quelques mois pourrait donc vous permettre d’acheter maintenant ou attendre la rentrée à un prix plus bas.
L’analyse des taux : fixe ou variable ?
Pendant que vous hésitez entre acheter maintenant ou attendre la rentrée, une autre question se pose. Devez-vous choisir un taux fixe ou variable ? En juin 2026, l’écart entre les deux est mince.
Le taux fixe offre la tranquillité d’esprit. Vous savez exactement combien vous paierez pendant cinq ans. Cette option est recommandée si votre budget est serré. Le taux variable, lui, est un pari sur la baisse des taux directeurs. Si la Banque du Canada réduit son taux en septembre et en décembre, le variable pourrait devenir plus avantageux.
Cependant, souvenez-vous de la leçon de 2022. Plusieurs emprunteurs à taux variable ont vu leurs paiements exploser. Pour mieux comprendre les risques du taux variable, l’ACFC propose un guide complet intitulé « Choisir entre un taux fixe et un taux variable » . De plus, le site de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) offre des outils de calcul pour comparer les deux options selon votre situation personnelle . Choisir le variable, c’est accepter une part d’incertitude. Alors, pesez bien votre tolérance au risque avant de trancher entre acheter maintenant ou attendre la rentrée.
Le facteur régional à ne pas négliger
Le choix dépend aussi de votre localisation. Le Canada est un pays aux marchés immobiliers fragmentés. Toronto et Vancouver restent chers, mais l’activité y est stable. Selon les données du Toronto Regional Real Estate Board (TRREB), le prix moyen dans la région du Grand Toronto demeure au-dessus du million de dollars . Par contre, Calgary et Edmonton profitent du dynamisme du secteur énergétique.
Montréal a connu une correction plus marquée. Les prix y sont en légère baisse depuis le début d’année. Si vous visez le marché montréalais, attendre septembre pourrait jouer en votre faveur. Ailleurs, comme à Halifax ou Moncton, la demande reste forte. Là-bas, acheter maintenant pourrait éviter une hausse de prix à l’automne.
Pour obtenir des données précises par région, consultez les statistiques de l’ACI sur les ventes et les prix moyens actualisés chaque mois .
L’impact de votre hypothèque arrivant à échéance
Si vous êtes déjà propriétaire, votre situation est différente. Peut-être qu’une hypothèque arrivant à échéance vous force à agir. Vous devez alors choisir entre renouveler ou refinancer. Dans ce cas, la question n’est plus d’acheter maintenant ou attendre la rentrée. Elle est plutôt de renégocier votre prêt existant. L’ACFC consacre une section entière aux options qui s’offrent à vous lors du renouvellement hypothécaire .
Toutefois, si vous envisagez de vendre pour acheter plus grand, le dilemme revient. Profitez-vous du marché estival plus calme pour vendre ? Ou attendez-vous la rentrée pour acheter avec un meilleur inventaire ? Le site REALTOR.ca reste l’outil incontournable pour suivre les nouvelles inscriptions et comparer les propriétés disponibles dans votre secteur . Là encore, pesez le pour et le contre.
Les programmes d’aide aux acheteurs
Avant de décider d’acheter maintenant ou attendre la rentrée, renseignez-vous sur les programmes disponibles. Le gouvernement fédéral propose plusieurs incitatifs. Le Régime d’accession à la propriété (RAP) permet de retirer jusqu’à 35 000 $ de votre REER pour l’achat d’une première maison . De son côté, le Compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) offre un nouvel outil très avantageux. La page officielle du gouvernement du Canada détaille les plafonds de cotisation et les conditions d’admissibilité .
Ces programmes ne changeront pas entre juin et septembre. Cependant, cotiser tôt dans l’année maximise votre épargne. Alors, quelqu’en soit votre choix, préparez votre mise de fonds dès aujourd’hui.
Conclusion : une décision personnelle avant tout
Alors, faut-il acheter maintenant ou attendre la rentrée ? La réponse dépend de votre profil. Si vous avez trouvé une propriété qui correspond à vos besoins, foncez. Un taux de 4,04 % reste historiquement raisonnable. La tranquillité d’esprit vaut parfois plus qu’une hypothétique baisse de taux.
Par contre, si votre budget est serré, patientez. L’inventaire de septembre pourrait offrir plus de choix. Une baisse de taux reste possible, même si elle n’est pas garantie. Surtout, magasinez votre taux. Des courtiers comme Nesto ou Ratehub vous aident à comparer les offres de plusieurs prêteurs .
En résumé, qu’importe ce que vous déciderez, faites-le de façon éclairée. L’immobilier est un engagement à long terme. Quelques mois de patience ou d’anticipation ne devraient pas dicter votre décision. C’est votre capacité financière et votre projet de vie qui doivent primer.
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