Le coût de la retraite au Canada est un objectif financier majeur pour la plupart. Mais combien coûte-t-elle réellement ? Et surtout, combien faut-il épargner pour vivre confortablement une fois le travail terminé ?
Les réponses varient considérablement. Elles dépendent de votre région, de votre style de vie et des sources de revenus dont vous disposerez. Voici un portrait complet du coût de la retraite au Canada.
Combien les Canadiens pensent-ils avoir besoin ?
Les sondages se succèdent et les chiffres évoluent. Selon les données rapportées par Retraite Québec, les Canadiens estimaient avoir besoin de 1,7 million de dollars pour une retraite confortable en 2025. Ce montant a fluctué au fil des ans : 1,3 million en 2019, 1,7 million en 2022, puis 1,5 million en 2024.
Ces objectifs varient fortement selon les régions. Les résidents de la Colombie-Britannique estiment avoir besoin de 2,2 millions de dollars, le montant le plus élevé au pays. Viennent ensuite l’Ontario (1,9 million), l’Alberta (1,66 million), les Prairies (1,28 million) et le Québec (1,24 million). Les provinces de l’Atlantique affichent le seuil le plus bas, à environ 928 000 dollars.
Ces écarts s’expliquent par les différences de coût de la vie, notamment le prix de l’immobilier.
Combien les retraités canadiens vivent-ils réellement ?
Les estimations des Canadiens sont ambitieuses. La réalité est plus modeste. Selon les données de Statistique Canada pour 2024, le revenu médian après impôt des familles de retraités dont le principal soutien a 65 ans ou plus atteint 83 200 dollars. Moins de la moitié de ce revenu provient des transferts gouvernementaux comme le Régime de pensions du Canada (RPC), la Sécurité de la vieillesse (SV) et le Supplément de revenu garanti (SRG). Le reste vient des pensions privées, des investissements et du travail.
Du côté des dépenses, les ménages dirigés par une personne de 65 ans ou plus ont dépensé en moyenne 78 499 dollars en 2023. La différence entre le revenu médian et les dépenses moyennes montre que la marge de manœuvre est limitée pour beaucoup de retraités.
Les sources de revenus à la retraite
Le système de retraite canadien repose sur trois piliers.
Pilier 1 : Les programmes gouvernementaux
La Sécurité de la vieillesse (SV) est une pension mensuelle versée à la plupart des Canadiens de 65 ans et plus, qu’ils aient travaillé ou non. Selon le gouvernement du Canada, le montant maximum est de 751,97 dollars par mois pour les 65-74 ans et de 816,54 dollars pour les 75 ans et plus en 2026. La SV est soumise à un impôt de récupération si votre revenu dépasse un certain seuil.
Le Supplément de revenu garanti (SRG) s’ajoute à la SV pour les retraités à faible revenu.
Pilier 2 : Le Régime de pensions du Canada (RPC)
Le RPC est une pension publique financée par les cotisations des travailleurs et des employeurs. Le montant que vous recevez dépend de vos cotisations et de l’âge auquel vous commencez à la percevoir.
Selon Retraite Québec, la pension moyenne du RPC en avril 2026 était de 877,01 dollars par mois, contre un maximum de 1 507,65 dollars. Vous pouvez commencer à recevoir le RPC dès 60 ans, mais le montant est réduit de 0,6 % par mois avant 65 ans. À l’inverse, si vous reportez le début des prestations après 65 ans, le montant augmente de 0,7 % par mois, jusqu’à un maximum de 42 % à 70 ans.
En combinant le RPC et la SV, un retraité seul dispose d’environ 1 629 dollars par mois avant impôt, soit environ 19 500 dollars par an.
Pilier 3 : L’épargne personnelle et les régimes d’employeur
Le troisième pilier comprend les régimes de retraite d’employeur, les REER et les CELI.
Le REER permet de réduire votre revenu imposable au moment de la cotisation. L’impôt est payé au retrait, généralement à un taux plus faible à la retraite. Pour en savoir plus, consultez le site de l’Agence du revenu du Canada.
Le CELI offre une croissance libre d’impôt. Les cotisations ne sont pas déductibles, mais les retraits ne sont pas imposés. Les retraits du CELI n’affectent pas les prestations fondées sur le revenu comme la SV.
Le défi de l’épargne
Malgré des objectifs élevés, l’épargne réelle est modeste. Selon le National Institute on Ageing, seulement 21 % des Canadiens épargnent plus de 10 % de leur revenu pour la retraite. Les deux tiers épargnent 10 % ou moins. Un répondant sur dix épargne moins de 100 dollars par mois.
Toujours selon le National Institute on Ageing, 22 % des Canadiens de 50 ans et plus disposent de moins de 5 000 dollars en épargne-retraite. Seulement 7 % ont plus de 1 million de dollars.
Tableau : Les régions et leurs objectifs de retraite
| Région | Montant estimé nécessaire pour une retraite confortable |
|---|---|
| Colombie-Britannique | 2 200 000 $ |
| Ontario | 1 900 000 $ |
| Alberta | 1 660 000 $ |
| Prairies (Sask. et Man.) | 1 280 000 $ |
| Québec | 1 240 000 $ |
| Provinces de l’Atlantique | 928 000 $ |
Le coût de la retraite au Canada réellement
Les dépenses des retraités se concentrent sur quelques postes principaux. Le logement est la plus grande dépense, à environ 15 700 dollars par an. Viennent ensuite l’alimentation, le transport, les loisirs et les soins de santé.
Les soins de santé représentent une dépense souvent sous-estimée. Selon les données de Statistique Canada, les ménages de retraités dépensent environ 3 121 dollars par an, soit environ 260 dollars par mois, pour les soins dentaires, les médicaments, les lunettes et les services paramédicaux non couverts par les régimes provinciaux. Perdre son régime d’assurance collective en quittant le travail signifie souvent des coûts supplémentaires de 3 000 à 6 000 dollars par an jusqu’à 65 ans.
Conclusion : Un objectif ambitieux, une réalité plus modeste
Le coût de la retraite au Canada dépend de votre situation. Les estimations des Canadiens sont élevées, mais la réalité des revenus et des dépenses est plus modeste.
La clé est de planifier tôt. Comprendre ses sources de revenus. Calculer ses dépenses réelles. Épargner régulièrement. Ces actions font la différence entre une retraite confortable et une retraite sous pression.
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