droits des locataires au Québec

Oct 27, 2026

Augmentation de loyer : quels sont les droits des locataires au Québec ?

Vous ouvrez votre boîte aux lettres et vous y trouvez un avis de votre propriétaire : votre loyer va augmenter. Pourtant, avant de paniquer ou de signer, une bonne nouvelle s’impose : Il existent des droits des locataires au Québec. En effet, le propriétaire doit respecter des délais, utiliser un avis conforme et, si vous refusez, c’est lui qui doit justifier la hausse devant le Tribunal administratif du logement (TAL).

De plus, la méthode de calcul des hausses a changé. Voici donc ce que vous devez savoir pour répondre à un avis d’augmentation sans erreur, que vous souhaitiez accepter, refuser ou déménager.

À lire avant tout : cet article est une information juridique générale, fondée notamment sur Éducaloi et le TAL. Par conséquent, il ne remplace pas l’avis d’un avocat ni l’aide d’un comité logement. De plus, chaque situation (bail, immeuble, date de l’avis) peut modifier les règles.

En résumé : voici six droits des locataires au Québec

Avant d’entrer dans le détail, voici l’essentiel :

  1. Le droit de recevoir un avis écrit, dans les bons délais
  2. Le droit de refuser la hausse et de rester dans votre logement
  3. Le droit d’avoir un mois pour répondre
  4. Le droit à un calcul encadré par la méthode du TAL
  5. Le droit de faire trancher le désaccord par le TAL
  6. Le droit de vous faire accompagner gratuitement par un comité logement

1. Le droit à un avis écrit, dans les délais

Tout d’abord, un propriétaire ne peut pas augmenter votre loyer au hasard. Selon Éducaloi, un avis écrit doit normalement vous être envoyé de trois à six mois avant la fin de votre bail. Passé ce délai, le propriétaire ne peut plus augmenter le loyer pour la prochaine année. Ainsi, si votre bail se termine le 30 juin et que vous ne recevez rien avant le 31 mars, votre bail se renouvelle aux mêmes conditions.

Par ailleurs, l’avis doit contenir plusieurs éléments :

  • les nouvelles conditions du bail, dont le nouveau loyer proposé ;
  • le texte prévu par règlement qui explique vos trois choix de réponse ;
  • la date limite pour répondre ;
  • un rappel de vos droits, obligations et recours si vous refusez.

En général, pour les baux de moins de 12 mois ou à durée indéterminée, les délais sont plus courts (environ un à deux mois avant l’échéance). Vérifiez donc votre type de bail avant de conclure qu’un avis est hors délai. Pour comprendre la reconduction : Reconduction du bail au 1er juillet : mode d’emploi.

2. Le droit de refuser la hausse et de rester

Ensuite, c’est le droit le plus méconnu. Lorsque vous recevez l’avis, vous avez un mois pour réagir. Selon Éducaloi, trois choix s’offrent à vous :

Votre choix Conséquence
Accepter la hausse Le bail est reconduit avec le nouveau loyer
Aviser que vous déménagez à la fin du bail Vous quittez à l’échéance
Refuser la hausse et rester Le bail continue, et le propriétaire peut demander au TAL de fixer le loyer

Ainsi, refuser ne signifie pas partir. Au contraire, c’est le propriétaire qui doit ensuite saisir le TAL pour faire fixer le loyer, comme le rappelle le guide pratique d’EnDroit.ca. De plus, si le propriétaire ne saisit pas le tribunal dans le délai prévu, votre bail est reconduit au loyer actuel. Conservez donc toujours une preuve datée de votre refus.

Attention au silence

Cependant, une erreur fréquente coûte cher : ne pas répondre. En effet, si vous ne répondez pas à l’avis, la loi considère que vous l’acceptez. Par conséquent, répondez toujours par écrit, de préférence par un moyen qui laisse une trace (courrier recommandé, courriel avec accusé de réception, ou remise en main propre avec signature). Pour vous aider : Refuser une hausse de loyer : modèle de lettre.

Deux exceptions à connaître

Toutefois, il existe des exceptions. Selon Éducaloi, vous devez accepter la hausse ou déménager si vous habitez un logement dans une coopérative d’habitation ou dans un immeuble utilisé à des fins locatives depuis cinq ans ou moins. Vérifiez donc le statut de votre immeuble avant de refuser.

3. Le droit à un calcul encadré : la nouvelle méthode

Par ailleurs, une grande nouveauté touche les avis envoyés depuis le 1er janvier. Plutôt que de se baser sur douze critères comme avant, la méthode du TAL repose désormais sur cinq critères :

Critère Ce qu’il mesure
IPC sur trois ans La moyenne de l’indice des prix à la consommation au Québec
Taxes municipales et scolaires La variation de ces taxes
Assurances La variation des primes d’assurance incendie et de responsabilité
Ajout de services Les dépenses pour un nouveau service, accessoire ou dépendance (par exemple une piscine)
Travaux majeurs Les dépenses d’immobilisation, avec un maximum de 5 % ajouté au loyer

Ainsi, le TAL ne recommande plus une hausse moyenne. Il indique plutôt la moyenne de l’IPC des trois dernières années, estimée à 3,1 % , et c’est sur ce pourcentage que les propriétaires doivent baser leur calcul. Ce taux s’applique aux baux qui débutent entre le 2 avril et le 1er avril, comme le précisent Bernier Fournier Avocats et EnDroit.ca.

Un taux de base, pas un plafond

En revanche, attention à une idée reçue : 3,1 % n’est ni une hausse automatique ni un plafond absolu. En effet, le propriétaire peut justifier une hausse supérieure par des dépenses réelles, comme des taxes ou des assurances plus élevées. À l’inverse, si le propriétaire demande 8 % sans justification, vous avez de solides raisons de refuser.

Un exemple chiffré (illustratif)

Voici un exemple fictif, à titre pédagogique :

Élément Montant
Loyer actuel 950 $ par mois
Taux de base de 3,1 % environ 29,45 $ par mois
Loyer de départ selon le taux de base environ 979,45 $ par mois
Ajustements possibles Taxes, assurances, services ou travaux majeurs, à vérifier

Ainsi, une demande à 1 100 $ (soit environ 15,8 %) devrait être appuyée par des dépenses importantes. Pour vérifier, utilisez l’outil de calcul du TAL. Pour approfondir le calcul : Comment calculer une hausse de loyer au Québec.

4. Le droit de faire trancher le désaccord par le TAL

Ensuite, si vous refusez et que le propriétaire maintient sa demande, c’est le Tribunal administratif du logement qui tranche. Dans ce cas, le tribunal fixe le loyer selon le règlement, et le calcul sert alors de repère. Autrement dit, le propriétaire doit prouver ses dépenses, et vous pouvez contester ses chiffres.

De plus, vous pouvez préparer votre dossier à l’avance : conservez votre bail, l’avis reçu, la preuve de votre réponse et vos échanges écrits. Par conséquent, vous arriverez à l’audience avec des pièces claires. Voir aussi : Audience au TAL : comment se préparer.

5. Le droit de vous faire aider gratuitement

Enfin, vous n’êtes pas seul. D’une part, les comités logement offrent un service d’aide au calcul et un accompagnement : vous pouvez trouver celui de votre localité sur le site du RCLALQ. D’autre part, Éducaloi et le TAL publient des guides gratuits. Par ailleurs, pour un dossier complexe, une consultation juridique peut valoir la peine.

Les erreurs à éviter

Par ailleurs, voici les pièges les plus fréquents :

  • Ne pas répondre : votre silence vaut acceptation ;
  • Répondre trop tard : le délai d’un mois est court ;
  • Croire que refuser, c’est quitter : vous pouvez refuser et rester ;
  • Accepter verbalement : gardez toujours une trace écrite ;
  • Confondre taux de base et plafond : le taux de 3,1 % est un point de départ ;
  • Ignorer la date de l’avis : un avis envoyé hors délai ne permet pas d’augmenter le loyer pour la prochaine année.

La checklist du locataire qui reçoit un avis

Pour passer à l’action, suivez cet ordre :

  • D’abord, notez la date de réception de l’avis ;
  • Ensuite, vérifiez qu’il est écrit, complet et envoyé dans les délais ;
  • De plus, calculez la hausse avec l’outil du TAL et comparez au loyer proposé ;
  • Par ailleurs, choisissez votre réponse : accepter, refuser ou déménager ;
  • Également, répondez par écrit avant la fin du délai d’un mois et gardez la preuve ;
  • Enfin, contactez votre comité logement si la hausse vous semble excessive.

Pour connaître vos autres droits : Bail au Québec : les droits du locataire.

Questions fréquentes

Quel est le taux d’augmentation de loyer au Québec ? Le taux de base est de 3,1 % pour les baux débutant entre le 2 avril et le 1er avril. Cependant, ce n’est pas un plafond : des ajustements peuvent s’ajouter.

Mon propriétaire peut-il augmenter mon loyer en cours de bail ? En principe, la hausse se fait au renouvellement du bail, par un avis conforme. Par conséquent, une hausse annoncée en plein milieu de bail à durée fixe est suspecte.

Que se passe-t-il si je ne réponds pas ? Le silence vaut acceptation. Il est donc essentiel de répondre par écrit dans le mois suivant la réception.

Puis-je refuser et rester dans mon logement ? Oui, sauf si vous habitez une coopérative d’habitation ou un immeuble utilisé à des fins locatives depuis cinq ans ou moins. Dans les autres cas, c’est au propriétaire de saisir le TAL.

Où faire vérifier mon calcul ? Sur l’outil du TAL ou auprès d’un comité logement, qui offre souvent ce service gratuitement.

Conclusion : connaître ses droits des locataires au Québec pour décider sereinement

En définitive, recevoir un avis d’augmentation ne signifie pas devoir l’accepter. Ainsi, le locataire québécois peut vérifier les délais, calculer la hausse, refuser et rester, puis faire trancher le désaccord par le TAL. Par conséquent, ne laissez jamais le silence décider à votre place : répondez par écrit, gardez vos preuves et faites-vous accompagner si nécessaire.

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